Genève : le taux de vacance tombe à 0,31%, un plus bas depuis 2011
Le relevé cantonal au 1er juin 2026 confirme l'aggravation de la pénurie : 793 logements vacants seulement, un taux en recul pour la deuxième année consécutive et des communes suburbaines quasiment à sec.

La crise du logement genevoise franchit un nouveau palier. Selon les chiffres publiés le 21 juillet 2026 par le canton, le taux de vacance des logements s'établit à 0,31% au 1er juin 2026, contre 0,34% un an plus tôt. Il s'agit du deuxième recul annuel consécutif et il faut remonter à 2011, avec un taux de 0,25%, pour retrouver un niveau plus bas.
Moins de 800 logements disponibles dans tout le canton
En valeur absolue, le constat est saisissant : 793 logements étaient vacants au 1er juin, contre 858 l'année précédente. Ce total se décompose en 111 maisons individuelles, principalement proposées à la vente, et 682 appartements, majoritairement offerts à la location. Pour un canton de plus d'un demi-million d'habitants, l'offre effectivement disponible se réduit ainsi à une peau de chagrin, très loin du seuil de 1,5% généralement considéré comme celui d'un marché équilibré.
Des disparités communales marquées
La géographie de la pénurie n'est pas uniforme. Plus de la moitié des logements vacants se situent en ville de Genève, qui compte 427 objets disponibles pour un taux de 0,37%, au-dessus de la moyenne cantonale. La situation est en revanche extrême dans plusieurs grandes communes suburbaines : 0,12% à Lancy, 0,14% à Onex, 0,18% à Thônex et 0,20% à Meyrin. Carouge affiche 0,25% et Vernier 0,29%. Dans ces communes, trouver un logement libre relève de l'exception statistique.
Vaud sous tension également, mais dans une moindre mesure
La comparaison intercantonale souligne la spécificité genevoise. Dans le canton de Vaud, l'enquête de Statistique Vaud recense 3907 logements vacants au 1er juin 2026, soit un taux provisoire de 0,87%, en baisse de 0,02 point sur un an. La pénurie y persiste depuis 1999, mais le marché vaudois reste près de trois fois moins tendu que le marché genevois. Le district de Lavaux-Oron (0,64%) y est le plus touché, tandis que La Broye-Vully (1,35%) s'approche de l'équilibre.
Enjeux pour la politique du logement
Ces chiffres relancent le débat sur le rythme de construction dans le canton, où la production de logements ne suit toujours pas la demande malgré les grands projets en cours, à l'image du quartier des Vernets ou de la Gare des Eaux-Vives. La conséquence mécanique de cette rareté est connue : hausse continue des loyers à la relocation, écart croissant entre anciens et nouveaux baux, mobilité résidentielle bloquée et pression accrue sur la classe moyenne, trop aisée pour les logements subventionnés mais incapable d'absorber les loyers du marché libre.
Pour les professionnels de l'immobilier comme pour les autorités, le relevé 2026 confirme que la détente n'est pas en vue et que la question du logement restera au centre de l'agenda politique genevois, alors même que plusieurs objets touchant au parc locatif, dont la révision de la LDTR sur la vente aux locataires, s'apprêtent à passer devant le peuple.
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