Veille quotidienne · Suisse romande
Actualités

Pénurie de logements : 88% des mesures du plan fédéral engagées, effets attendus à long terme

La deuxième enquête de la Confédération sur le plan d'action logement montre une mise en œuvre avancée. Mais l'OFL prévoit une aggravation de la pénurie en 2026.

26 juillet 2026·3 min de lecture·Rédaction Numea
Pénurie de logements : 88% des mesures du plan fédéral engagées, effets attendus à long terme

La Confédération a publié le 11 juin 2026 la deuxième évaluation de la mise en œuvre de son plan d'action sur la pénurie de logements, adopté le 13 février 2024. Le constat est paradoxal : alors que la situation sur le marché du logement continue de se tendre, l'engagement autour du plan s'intensifie. Selon l'enquête annuelle, 88% des mesures sont en cours de réalisation ou déjà achevées. Mais Berne prévient : les effets de cette avancée ne seront visibles que sur le long terme.

Un plan de 35 mesures issu des tables rondes Parmelin

Pour rappel, le plan d'action est né des deux tables rondes convoquées par le conseiller fédéral Guy Parmelin avec les cantons, les villes, les communes et les secteurs de la construction et de l'immobilier. Il recommande environ 35 mesures visant à assurer un approvisionnement durable en logements de qualité, à prix abordables et adaptés aux besoins — parmi lesquelles l'accélération des procédures d'autorisation de construire, identifiée comme un levier majeur alors que les oppositions et recours allongent considérablement les délais des projets immobiliers.

L'OFL ne voit pas d'amélioration rapide

Ces efforts n'empêchent pas un diagnostic sombre à court terme. En janvier 2026, le directeur de l'Office fédéral du logement, Martin Tschirren, prévoyait une aggravation de la pénurie en 2026, citant la croissance démographique, l'augmentation du nombre de ménages, l'immigration et le développement économique, conjugués à une activité de construction insuffisante. Selon lui, les causes de la pénurie ne peuvent être modifiées rapidement et les mesures du plan d'action produiront surtout des effets à moyen et long terme.

Les cantons romands en première ligne

La Suisse romande concentre les tensions les plus vives. Genève affichait au 1er juin 2025 le taux de vacance le plus faible de Suisse (0,34%) — un chiffre encore dégradé depuis, le relevé cantonal 2026 indiquant 0,31%. Le canton de Vaud voit lui aussi sa pénurie s'accentuer, avec une nouvelle région passée dans le rouge, la Broye-Vully. Dans ce contexte, l'OFL a également publié en novembre un kit de dix mesures « Promouvoir le logement à prix avantageux » à destination des cantons et des communes : utilisation active du foncier public, soutien aux maîtres d'ouvrage d'utilité publique, quotas de logements à loyer modéré, bonus d'utilisation du sol ou encore droit de préemption.

Enjeux pour les acteurs du marché

Pour les professionnels de l'immobilier, ce paysage dessine deux réalités simultanées : une pression politique croissante — au niveau fédéral comme cantonal — en faveur de la régulation et du logement abordable, et des opportunités pour les investisseurs capables de produire du logement dans les segments recherchés. L'accélération des procédures d'autorisation, si elle se concrétise, serait le levier le plus attendu par le secteur ; son absence continuerait au contraire de restreindre l'offre, avec pour corollaire des loyers de marché toujours plus élevés dans l'arc lémanique. La prochaine évaluation annuelle du plan d'action, en 2027, permettra de mesurer si le rythme de mise en œuvre commence enfin à se traduire dans les chiffres de la construction.

Sources
Les informations publiées sur Numea sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas un avis juridique. Pour toute question spécifique, consultez un avocat ou un notaire.