Pénurie de logements : l'OFL confirme un taux de vacance de 1% et aucune détente en vue
L'OFL dresse un tableau préoccupant : 48 500 logements vacants seulement en Suisse, Genève au plus bas à 0,34%. Le taux de référence reste à 1,25% depuis le 2 juin 2026.

L'Office fédéral du logement (OFL) confirme, dans son Aperçu du marché du logement 2/2026, que la pénurie s'installe durablement en Suisse. Au 1er juin 2025, seuls 48 500 logements, soit 1,00% du parc total, étaient inoccupés dans le pays, contre 1,72% cinq ans plus tôt. L'office anticipe une poursuite de la baisse du taux de vacance, signe que le déséquilibre entre offre et demande n'est pas près de se résorber.
Genève, Zoug et Zurich en tête des marchés les plus tendus
En comparaison cantonale, Genève affiche le taux le plus bas (0,34%), devant Zoug (0,42%), Zurich (0,48%), Obwald (0,50%), Schwyz (0,52%) et les Grisons (0,57%). A l'autre extrémité, seuls le Jura (3,03%) et Soleure (2,05%) dépassent la barre des 2%, le Tessin s'en approchant avec 1,92%. En Suisse romande, la situation est contrastée : le canton de Vaud affiche un taux de 0,89% avec 3932 logements vacants, tandis que Neuchâtel conserve une marge avec 1,82%. A l'exception des grands logements de six pièces et plus, les logements vacants ont diminué dans toutes les catégories de taille par rapport à l'année précédente.
Un déficit structurel documenté par le directeur de l'OFL
Dans une contribution publiée le 10 mars 2026 dans La Vie économique, Martin Tschirren, directeur de l'OFL, souligne que la pénurie touche de plus en plus de régions : en 2025, 15 cantons présentent un taux de vacance inférieur à 1%, et c'est le cas de 54,8% des communes, contre 32,3% en 2020. La cause est structurelle : entre 2020 et 2024, moins de 46 000 logements ont été construits en moyenne chaque année, alors que la formation de nouveaux ménages, alimentée par l'immigration et la diminution de la taille des ménages, reste soutenue, générant un déficit estimé à quelque 23 000 logements. Le vieillissement de la population et le besoin persistant de main-d'œuvre étrangère laissent présager une demande durablement élevée.
Le taux de référence reste à 1,25%
Sur le front des loyers en cours de bail, l'OFL a confirmé que le taux d'intérêt de référence applicable aux contrats de bail reste fixé à 1,25%, valeur valable depuis le 2 septembre 2025 et inchangée lors de la publication du 2 juin 2026. Fondé sur le taux hypothécaire moyen des banques et arrondi au quart de pour-cent, ce taux détermine les possibilités d'adaptation des loyers dans toute la Suisse. Sa stabilité, combinée à une inflation faible, prive les bailleurs de motifs de hausse générale et protège les locataires en place, alors même que les loyers proposés sur le marché continuent de grimper dans les centres urbains.
Perspectives
Pour la Suisse romande, le tableau dressé par l'OFL a des implications concrètes : à Genève, la pénurie légitime le maintien des dispositifs cantonaux de protection (formule officielle obligatoire, contrôle LDTR des loyers après travaux), tandis que dans l'arc lémanique vaudois, la tension soutient mécaniquement les prix à l'achat comme à la location. Aucun retournement n'est attendu à court terme : la détente supposerait une accélération significative de la construction, freinée par la longueur des procédures d'autorisation, la rareté des terrains et les coûts. Le dossier du logement s'annonce ainsi comme l'un des thèmes politiques majeurs des prochains mois, tant au niveau fédéral que dans les cantons romands.