Loyers genevois : +7,9% lors des changements de locataires, la prime à l'immobilité s'accroît
Selon l'Ocstat, les loyers ont progressé de 1,3% sur un an à Genève, mais de 7,9% lors d'un changement de locataire. Les taux hypothécaires, eux, n'ont que légèrement baissé au 2e trimestre.

Les dernières statistiques cantonales genevoises, publiées début juillet 2026 et relayées par 20 minutes, confirment un phénomène bien connu des professionnels : c'est au moment du changement de locataire que les loyers s'envolent. Entre mai 2025 et mai 2026, les baux d'appartements non neufs à loyer libre ont augmenté en moyenne de 1,3% dans le canton, une hausse plus modérée que lors de l'exercice précédent (+1,9% entre mai 2024 et mai 2025). Mais lorsqu'un nouveau locataire reprend un logement, la hausse moyenne atteint 7,9% sur un an, et plus de la moitié des nouveaux occupants paient un loyer supérieur à celui de leur prédécesseur, relève l'Office cantonal de la statistique (Ocstat).
Des écarts marqués selon les communes
Les variations diffèrent sensiblement d'une commune à l'autre : Chêne-Bougeries enregistre la progression moyenne la plus forte (+2,8%), devant Lancy (+1,9%), puis Thônex et la ville de Genève (+1,4%). Les hausses les plus faibles concernent Meyrin et les communes périurbaines. L'Ocstat observe par ailleurs que l'augmentation des loyers est plus prononcée pour les petits logements que pour les grands, ce qui pénalise particulièrement les jeunes ménages et les personnes seules. Parmi les hypothèses avancées par les statisticiens cantonaux, le volume de logements construits chaque année joue un rôle clé : plus l'offre nouvelle est abondante, plus le marché se détend.
Un marché toujours asséché
Cette dynamique s'explique par une pénurie persistante : selon l'Office fédéral du logement (OFL), Genève affichait au 1er juin 2025 le taux de logements vacants le plus bas de Suisse, à 0,34%, son pire niveau depuis 2012. Dans un tel contexte, chaque relocation devient une occasion d'ajustement au prix du marché, creusant l'écart entre anciens et nouveaux baux et décourageant la mobilité résidentielle. Rappelons qu'à Genève, l'usage de la formule officielle de notification du loyer initial est obligatoire tant que dure la pénurie, ce qui permet au nouveau locataire de contester le loyer initial dans les 30 jours.
Taux hypothécaires : légère détente au 2e trimestre
Côté financement, le baromètre des hypothèques Comparis publié le 9 juillet 2026 indique que le coût des hypothèques n'a que légèrement fléchi au 2e trimestre par rapport aux trois mois précédents, malgré la baisse des taux du marché des capitaux. L'apaisement relatif au Moyen-Orient et la perspective d'une politique monétaire toujours souple de la BNS ont réduit les coûts de refinancement des banques, mais les risques géopolitiques et les politiques monétaires divergentes des grandes banques centrales empêchent une baisse plus marquée des taux fixes. La BNS a maintenu son taux directeur à 0% lors de son examen du 18 juin 2026, l'inflation de mai (0,6%) restant clairement dans la zone de stabilité des prix.
Ce qu'il faut retenir
Pour les locataires en place, la stabilité du taux de référence à 1,25% limite les possibilités de hausses en cours de bail ; pour les candidats à la location, en revanche, la prime à l'immobilité continue de se renforcer. Pour les investisseurs et propriétaires, l'environnement de taux bas soutient les valorisations, tandis que la rareté de l'offre garantit un risque de vacance quasi nul. La détente ne pourra venir que d'une accélération de la construction, que les projets en cours, comme les grands chantiers urbains genevois, ne suffiront pas à produire à court terme.