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Valeur locative : le couperet tombera le 1er janvier 2029, Genève se prépare

Le Conseil fédéral a fixé au 1er janvier 2029 l'entrée en vigueur de l'abolition de la valeur locative. Genève a relayé la décision. Pertes fiscales estimées à 1,8 milliard par an, déductions fortement restreintes.

02 juillet 2026·3 min de lecture·Rédaction Numea
Valeur locative : le couperet tombera le 1er janvier 2029, Genève se prépare

C'est désormais officiel : lors de sa séance du 1er avril 2026, le Conseil fédéral a fixé au 1er janvier 2029 la date d'entrée en vigueur de la réforme de l'imposition du logement (communiqué admin.ch du 1er avril 2026). L'imposition de la valeur locative pour les logements occupés par leur propriétaire sera supprimée à cette date, tant pour les résidences principales que secondaires. Le canton de Genève a relayé cette décision dans une actualité publiée sur ge.ch le 7 avril 2026, signe que l'administration fiscale cantonale entame sa préparation.

Rappel du contexte : la votation du 28 septembre 2025

La réforme découle de la votation populaire du 28 septembre 2025, lors de laquelle le peuple suisse a accepté à 57,7% des voix l'arrêté fédéral relatif à l'impôt immobilier cantonal sur les résidences secondaires, condition constitutionnelle de l'abolition de la valeur locative. La nouvelle disposition autorise les cantons à lever un impôt spécial sur les résidences secondaires à usage essentiellement personnel, afin de compenser leurs pertes de recettes. Le délai de transition de trois ans doit précisément permettre aux cantons d'introduire simultanément cet impôt dans leur législation et de supprimer l'imposition de la valeur locative.

Ce qui change concrètement pour les propriétaires

Le changement de système est profond. La déduction des frais d'entretien des immeubles sera supprimée au 1er janvier 2029 aux niveaux fédéral, cantonal et communal, sauf pour les logements loués ou affermés. Les intérêts passifs ne seront plus déductibles qu'en proportion du rapport entre la valeur des biens immobiliers loués et l'ensemble de la fortune. Selon la Chambre genevoise immobilière (CGI), le propriétaire qui ne possède qu'un bien à usage propre ne pourra plus rien déduire. Une exception notable subsiste : les primo-acquéreurs pourront déduire leurs intérêts hypothécaires pendant dix ans, avec un plafond de 5'000 francs par an (10'000 francs pour les couples mariés) et un calcul dégressif de 10% par an.

Un impact budgétaire massif

Selon la RTS, les pertes de recettes sont estimées à 1,8 milliard de francs par an, dont deux tiers à la charge des cantons. Le Département fédéral des finances précise que durant le premier semestre 2026, un groupe de travail réunissant l'Administration fédérale des contributions et les administrations fiscales cantonales identifie les questions d'interprétation ouvertes et prépare les dispositions d'exécution, qui feront l'objet d'une consultation. Les conséquences réelles pour les propriétaires dépendront étroitement du niveau futur des taux hypothécaires.

Quelle stratégie d'ici 2029 ?

Pour les propriétaires romands, la période transitoire ouvre une fenêtre d'optimisation : les règles actuelles restent applicables jusqu'à fin 2028, ce qui incite à planifier les travaux d'entretien déductibles avant l'échéance. Raiffeisen anticipe d'ailleurs un « boom de dernière minute » des rénovations, comparable à celui observé après l'initiative sur les résidences secondaires de 2012, avec un risque de tension sur les prix des artisans. À Genève, où la valeur locative représente environ 65 à 70% du loyer théorique et où les valeurs immobilières sont parmi les plus élevées de Suisse, l'allègement sera substantiel pour les propriétaires peu endettés — mais les débiteurs hypothécaires importants pourraient y perdre.

Sources : admin.ch (communiqué du Conseil fédéral, 1er avril 2026), ge.ch (actualité du 7 avril 2026), efd.admin.ch, RTS (1er avril 2026), CGI (cgionline.ch), Raiffeisen.

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